Boire

Sur les routes du gin

Amateurs de cocktails et locavores patentés, réjouissez-vous ! Les microdistilleries sont  en plein essor depuis quelques années. Malgré une règlementation québécoise stricte en matière de spiritueux, des produits artisanaux créés par d’authentiques passionnés imposent progressivement leur marque au Québec et bien au-delà. Parmi eux, le gin, l’un des préférés des Québécois.


Fini, le temps pas si lointain où l’on ne trouvait qu’un seul et unique gin dans les rayons de la SAQ (Société des alcools du Québec). Aujourd’hui, on n’en compte pas moins de huit, en incluant les microdistilleries dont le permis est en cours d’obtention. Maureen David et Andrew Mikus n’y sont pas pour rien. En 2015, ils créent la Distillerie 1769 – année de fondation –, première  microdistillerie en milieu urbain au Québec, localisée à Verdun. Leurs produits font rapidement des adeptes et leur ouvrent en un temps record les portes d’une reconnaissance internationale, grâce aux mentions prestigieuses décrochées lors d’un concours de spiritueux. 

Dans la roue d’un phénomène 

Pourquoi un regain si soudain de la microdistillerie au Québec ? Maureen David, présidente et cofondatrice de la Distillerie 1769, explique le phénomène par l’engouement  actuel pour la mixologie, et notamment ce petit côté rétro du cocktail qui évoque le bon vieux temps. C’est là que le gin prend toute la place qui lui revient. Composé d’un alcool neutre dont la composition varie selon le fabricant, le gin affiche bel et bien le genièvre en première note, mais ce sont les ingrédients qui suivent qui en font un alcool tant apprécié. Le distillateur joue en effet la botanique en diversifiant les aromates – souvent représentatifs du terroir qui l’entoure –, ce qui lui donne sa signature. Libre alors au mixologue de jouer à son tour avec les différents gins, dont il apprécie la complexité des arômes qui laisse beaucoup de place à la créativité. Les gins artisanaux québécois offrent ainsi une palette très représentative du terroir ou de la culture locale.

Des terroirs et des gins
Côté fleuve, côté champs, forêts ou grands espaces boréaux, les gins qui sortent des alambics artisanaux du Québec parlent volontiers de leurs terroirs. Quelques exemples à découvrir.  

LE ST-LAURENT 
Fabriqué par la Distillerie du Saint-Laurent à Rimouski, un gin parfumé aux algues du Saint-Laurent. 

PIGER HENRICUS 
Le panais, en bonne place dans sa recette, fait la singularité de ce gin produit en Montérégie  par Les Subversifs.

THUYA 
Produit à Rivière-du-Loup  par la distillerie Fils du Roy,  il doit son caractère aux jeunes pousses de cèdre. 

UNGAVA 
Le Domaine Pinnacle est à l’origine de ce spiritueux composé de six plantes rares et baies de la toundra. 

CANOPÉE 
Un gin résolument forestier signé par la Distillerie Mariana  à Louiseville, en Mauricie. 

GIN DE NEIGE 
La Face Cachée de la Pomme  met à profit l’eau de pomme de son inimitable Cidre de Glace Neige pour élaborer ce gin d’une grande finesse.