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Rencontre avec Nada et Sean, restaurant Les Deux Singes de Montarvie

Nada Abou Younes, co-propriétaire


C’est elle qui accueille les clients avec un grand sourire et qui contribue à l'atmosphère chaleureuse des lieux. À l’origine, Nada n’est pas issue du milieu de la restauration mais de celui de la finance. Cependant, toute jeune déjà, elle souhaite intégrer une école culinaire mais son père s’y oppose. Elle s’oriente alors vers la finance et réalise assez vite que travailler dans une banque ne lui correspond pas. Prenant son courage à deux mains, elle démissionne et part travailler dans une chaîne de cafés. Elle y apprend les horaires difficiles, divers travaux ingrats mais développe de solides compétences en gestion et une grande polyvalence. Rattrapée par sa passion, elle se met en tête d’ouvrir un restaurant et tombe sur le local de la rue Saint-Viateur (qui portait déjà le nom des Deux Singes de Montarvie). Avec l’aide de sa famille désormais prête à la soutenir dans ses projets, Nada en fait l’acquisition. « Au début, j’ai fait beaucoup d’erreurs ». Volontaire, elle travaille en cuisine en plus de la salle afin de réduire les coûts, alors même qu’elle ne possède pas d’expérience en la matière. Les débuts sont difficiles mais elle n’abandonne pas et après quelques changements, arrive à s’entourer d’une équipe solide et fiable. Curtis (un des membres de l’équipe) prend la relève en cuisine après quelques temps, ce qui permet à Nada de se consacrer exclusivement à la salle et de suivre une formation à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec (ITHQ).

Tout en jetant un œil à son équipe, Nada ajoute avec le sourire : « Aujourd’hui, c’est presque une affaire de famille ; tous les membres de l’équipe sont des amis, des amis d’amis ou de la famille. Personne n’est arrivé là par hasard ».  Aux côtés de Nada et de Sean travaillent Curtis Ladouceur, Angela Warner ou encore Shawn Harvey.

 


Sean Murray Smith, chef exécutif et co-propriétaire


Depuis l’âge de 15 ans, Sean travaille en restauration. Il passe par tous les postes : plonge, découpe, salades, desserts et bien d’autres. Puis il décide de suivre une formation au Liaison College de Kingston en Ontario afin d’obtenir un diplôme de cuisinier. Pour financer ses études, il travaille en alternance aux côtés du chef Stev Georges du restaurant Olivea. En 2005, Sean sort major de sa promotion et décide de retourner dans son Québec natal. Il multiplie alors les expériences dans divers restaurants montréalais dont le Grain de Sel ou la Queue de Cheval, puis le Latini (qui se situait sur René Lévesque).

En mai 2011, il dépose son CV au restaurant Les Deux Singesde Montarvie et y obtient un poste. À cette époque, le restaurant ne tourne pas fort et le chef en place démissionna quelques temps plus tard. Nada demanda à Sean de rester pour l’aider. Cinq ans après, ils sont toujours là et ont des projets plein la tête ! 

Pour redresser la barre, Sean a entre autres modifié la carte en réduisant le nombre de plats proposés, jusqu’à imposer un menu dégustation (+ une option végétarienne). « Ça a pris plusieurs mois avant de vraiment démarrer, puis le bouche à oreille a fait son effet ».
En 2013, alors que Nada s’offre deux semaines de congés bien méritées, le restaurant passe numéro 1 sur TripAdvisor. Tout de suite, le petit local de la rue Saint-Viateur est envahi de touristes et se fait connaître des influenceurs locaux.



À la carte des Deux Singes de Montarvie


Le menu dégustation change toutes les 6 à 7 semaines. Sean travaille des aliments locaux mais également issus de productions plus lointaines : très attiré par les produits étrangers, il les intègre souvent à sa cuisine tout en respectant les saisons des pays fournisseurs. « Je reste très local pour les protéines : il y a de très bons élevages de canards et de porcs au Québec. Si je ne trouve pas de poisson d’ici, je mets une viande à la place. Le menu dégustation permet une grande liberté à ce niveau ».

Dans les assiettes, le végétal est très présent, les légumes proviennent de chez Louis, chez Birri ou chez Nino au marché Jean Talon. Très inspiré par l’art, Sean apporte un grand soin au dressage de ses plats : « J’aime faire découvrir de nombreuses saveurs et textures au client. Ce n’est pas parce que le menu dégustation ne laisse pas le choix des plats que la découverte est moins présente. Il faut que ça goûte bon mais aussi que ce soit beau. Sans ça, je ne suis pas satisfait ».

 

Découvrez notre critique du restaurant Les Deux Singes deMontarvie (3 toques). 




Amuse-bouche autour du brocolis