MangerStyle

Pleins feux sur le bagel

Que serait Montréal sans ses bagels ? Et le désarroi des Montréalais sans leur emblématique petit pain rond qui, près d’un siècle après son apparition dans la métropole québécoise, continue à se vendre par milliers quotidiennement ? Le bagel et Montréal, c’est tout une histoire.

Des tendances, la ville en a vu et verra  défiler, mais s’il est un petit trésor de boulanger qui ne risque pas de disparaître du paysage gourmand montréalais, c’est bien le bagel. Source de douceur et objet de fierté, il est devenu l’un des symboles de l’art de vivre et, pour nombre de Montréalais, s’arrêter devant une fabrique de bagels avant de poursuivre sa route avec le petit pain tout chaud en main est un pur moment de grâce. Le bagel est aussi synonyme d’éternels débats qui n’ont pas fini de faire rage, l’un d’envergure internationale  – Montréal ou New York ? –, l’autre au plan local pour décider de la meilleure source d’approvisionnement : Fairmont ou St-Viateur Bagel ? 

Montréal ou New York ? 
Le bagel a été introduit en Amérique du Nord par les communautés juives d’Europe de l’Est et c’est en 1919 que le premier bagel se vend à Montréal. Signes particuliers ? Sa mie dense et ferme, son côté sucré et sa croûte parfaitement dorée. Côté mensurations, le bagel montréalais est plus petit mais arbore un trou plus large que son adversaire new-yorkais. Autre différence notable, sa pâte est bouillie dans une eau adoucie de miel avant d’être cuite. Le bagel new-yorkais est quant à lui plus salé, plus gonflé et plus croustillant. Question de goût, mais  aussi de subjectivité teintée de sentimentalisme,  un Montréalais jugera toujours que c’est à  Montréal que l’on trouve le meilleur bagel au monde. Pour les autres, aux papilles de décider !

Fairmount ou St-Viateur ? 
Fairmount Bagel, la première grande maison du bagel a été fondée en 1949 par Isidore Shlafman, l’homme qui a vendu le tout premier bagel, en 1919, à Montréal. On raconte aussi que le premier bagel dégusté dans l’espace serait un produit de la maison. La seconde, St-Viateur Bagel, établie dans la métropole en 1957, est rapidement devenue le rendez-vous des célébrités de passage, comme en témoignent les murs tapissés de photos. Ouvertes 24/7, les deux boulangeries continuent à façonner les bagels à la main et à les cuire au four à bois. Bien que les deux boulangeries alimentent quotidiennement différents points de vente, l’idéal demeure de se rendre sur place. Voir les artisans travailler la pâte à côté du four à bois et sentir l’odeur réconfortante du pain chaud : toute une expérience ! Alors on n’hésite pas à faire la file, parfois dès le petit matin et quelle que soit la température extérieure. Le jeu en vaut la chandelle. Déguster son bagel tout juste sorti du four en parcourant les rues a quelque chose de définitivement montréalais.