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Plaisir et bien-être aux quatre coins du Québec : l'autocueillette

Revenir à la terre. À une époque aussi frénétique que la nôtre, retourner à la racine même de ce qui nous nourrit est une source de bonheur simple et tangible. Ce ressourcement, beaucoup de familles québécoises vont le trouver, chaque été et chaque automne, dans la cueillette de pommes, de citrouilles et de petits fruits.

Ce mouvement de retour à la terre s’accentue depuis quelques années, avec la prise de conscience du simple fait suivant : ce que nous mangeons est crucial pour notre bien-être. Une approche partagée par un nombre grandissant d’agriculteurs du Québec, qu’ils aient choisi la voie traditionnelle ou biologique, car ils ont à coeur de nous offrir le fruit de leur travail. Alors, prenons la route et partons à leur rencontre.

VIVE L’AGROTOURISME !
Julie Aubé est une inconditionnelle de l’autocueillette. Après avoir commencé à s’y intéresser de manière ludique, elle a progressivement décidé d’en faire un art de vivre qu’elle partage à présent avec sa famille et jusque dans sa profession, puisqu’elle s'est spécialisée, comme nutritionniste, en communications sur l'agrotourisme, le tourisme gourmand et l'agriculture, et arpente les fermes du Québec à la recherche des meilleurs produits. Une passion qui l’a d’ailleurs conduite à réaliser le livre Prenez le champ (aux Éditions de l’Homme), qui propose 21 escapades gourmandes sur les routes du Québec pour nous en faire savourer les saveurs locales.
Qu’est-ce qui lui plaît autant dans l’autocueillette ? « Le plaisir, bien sûr, de réaliser une activité en famille et en plein air. Mais aussi le côté éducatif de cette activité, qui permet de prendre pleinement conscience du respect qu’il faut accorder aux produits et au travail fourni en arrière. » Évidemment, Julie Aubé déborde de suggestions d’autocueillette. « J’adore la Cité agricole, près de Québec, car leurs champs sont en accès libre, et qu’un tableau nous indique quand nous arrivons ce que nous pouvons cueillir ce jour-là. » L’impromptu, la surprise et les petits moments magiques semblent toujours au rendez-vous de la pétillante cueilleuse. « On découvre sans cesse des choses en faisant de l’autocueillette. Le potager Montrouge, en Montérégie, propose une soixantaine de variétés de tomates à la cueillette. La Courgerie, dans Lanaudière, est aussi une vraie mine d’or avec plus de trois cents sortes de cucurbitacées à découvrir. Et cueillir des framboises avec une vue imprenable sur le Saint-Laurent dans les Jardins du Centre (Charlevoix), ça vaut vraiment le détour. » Du plaisir et de la qualité, Julie Aubé en a donc à profusion en privilégiant l’autocueillette aux centres d’achat. Qu’est-ce qui la rend le plus fière de son choix ? « Je crois beaucoup dans le potentiel éducatif de cette activité. Quand les filles de mon conjoint me demandent : "Est-ce qu’on aura de la fleur d’ail dans nos sandwichs à midi ?”, je peux voir à quel point elles sont fières de cuisiner et de manger ce qu’elles ont cueilli. 

C’est inspirant. »

DES SOUVENIRS À LA TONNE
Jean-François Chaussé, jeune propriétaire – il a 31 ans – du Vignoble du Vent Maudit, dans Lanaudière, a grandi sur une ferme et est passionné par la vigne depuis son adolescence. Il a décidé tout naturellement d’offrir l’autocueillette de ses raisins. « J’ai d’excellents souvenirs de clients qui visitaient année après année le kiosque de maïs sucré de mes parents pendant l’été. Certains d’entre eux m’ont vu tout petit, et leurs enfants viennent à présent au vignoble. Ça crée des liens. » Avant de produire ses propres raisins, fruits et légumes, le fermier faisait lui aussi de l’autocueillette.
« Ça rejoint mes valeurs personnelles, c’est plus santé, c’est éducatif… C’est une branche promise à un bel avenir. »




Texte : Sophie Ginoux