Style

Masami Waki, cheffe pâtissière de l'année

Élue cheffe pâtissière de l'année 2016, Masami Waki officie dans 3 restaurants : Le Filet, Le Club Chasse et Pêche et Le Serpent.

Lorsque Masami Waki apprend que le Guide Gault & Millau Montréal lui décerne le trophée Pâtissière de l’année, c’est avec sincérité qu’elle associe tout naturellement son équipe à ce succès bien mérité. « Cette récompense, c’est pour tous ceux avec qui je travaille, merci ! »



Originaire de Marugame, près d’Osaka, une ville connue pour ses uchiwas – éventails ronds en soie ou papier de riz –, Masami Waki a commencé par étudier le russe. Après un voyage en Russie, elle déchante rapidement et comprend que son avenir ne se trouve pas là-bas. Lorsqu’elle découvre l’existence d’un programme d’échange entre le Japon et le Canada, assorti d’un permis de travail d’un an, elle comprend que sa chance est là. En dépit des réticences familiales, sa décision est prise, elle partira.

L’aventure canadienne
À 28 ans, prête à vivre cette aventure, elle s’envole pour Montréal. Elle parle tout juste anglais, n’a pas vraiment de formation et ne connaît personne. Si bien que lorsqu’on lui offre de préparer des sushis dans un restaurant italien, elle ne peut qu’accepter. « C’est le seul travail que j’ai pu trouver, je ne connaissais rien ni personne. Ils m’ont embauchée parce que j’étais japonaise. » Puis un jour, une bonne étoile se pose au-dessus de sa tête, la place de pâtissier étant vacante, son patron la lui offre.


Une vocation révélée
Un nouveau monde s’offre alors à elle, réminiscence de souvenirs familiaux d’une mère, d’une grand-mère que l’on regarde cuisiner. « C’est une histoire de famille, on a ça dans le sang. » Son patron, Bertrand Bazin, la prend sous son aile et l’aide à gravir les échelons qui l’amèneront à devenir ce qu’elle est aujourd’hui, une cheffe pâtissière reconnue en charge de trois restaurants qui ont le vent en poupe.

Audace et tradition
En découvrant jour après jour les facettes de ce métier dont elle apprécie le bel équilibre entre « la précision, la délicatesse et la créativité », elle se réalise pleinement.
Dans la tendance sans en être dépendante, elle n’hésite pas à ajouter au menu un dessert un peu osé, en introduisant des ingrédients non conventionnels, tels que tomates cerise, thym ou poivre, offrant ainsi aux plus aventureux la possibilité d’expérimenter des  compositions originales, et laissant aux plus classiques celle de se rassurer avec un dessert réconfortant plus traditionnel. 
Quand Masami finit par prendre en charge les desserts des trois restaurants – Club Chasse et Pêche, Le Filet et Le Serpent –, elle s’installe avec son équipe, rue SaintRoch, dans un espace plus grand, entièrement dédié à ses œuvres délicates. On ne peut que saluer le beau parcours de la talentueuse et discrète Masami qui, en quelques années, a su révéler sa propre signature et s’imposer en douceur dans la cour des grands. On raconte que certains gourmets se rendraient au Club Chasse et Pêche principalement pour goûter aux desserts de cette artiste de la pâtisserie...