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Le cuisinier de l'année 2016

Normand Laprise, chef du restaurant Toqué! 

Cuisinier de l'année 2016


Le chef Normand Laprise est un habitué des palmarès. Actif sur la scène gastronomique québécoise depuis plus de 35 ans, il a su hisser son restaurant Toqué! parmi les meilleures tables au Canada,  en plus d’intégrer le prestigieux réseau des Relais & Châteaux.


Mais tout cela ne s’est pas fait tout seul, rappelle-t-il. « Je suis moins fier d’être le premier d’une liste, que d’être encore là après tout ce temps. Cela a nécessité beaucoup de travail. Lorsque j’ai commencé, il y avait moins de ressources qu’ aujourd’hui. Donc, pour réaliser une cuisine de produits locaux et saisonniers, j’ai dû me construire un réseau, avec des gens derrière qui m’ont aidé à me bâtir et que j’ai aidé de la même manière en retour. Et on avait raison, car on a fait beaucoup de chemin  ensemble depuis cette époque. »

Pas de compromis avec la qualité 
L’honnêteté est le mot d’ordre de ce chef  iconique qui a inspiré de nombreux talents de la nouvelle génération, ici comme ailleurs. 
Il n’a jamais transigé sur la qualité, quitte à mettre son restaurant haut de gamme dans le rouge. « C’est l’artisan qui fait la cuisine à mes yeux. Je me suis donc interdit, même dans les moments plus difficiles, à niveler vers le bas les produits que j’utilise, ou bien le service assuré en salle. Je tiens à ce que mes clients s’assoient à de belles tables nappées, qu’ils aient des verres en cristal, qu’ils vivent un repas mémorable. 
« Je préférerais fermer  mon restaurant plutôt  que de proposer  une expérience moins complète »

Le Québec gastronomique sur la rampe

La critique, Normand Laprise y a toujours été ouvert, pour autant que cette dernière soit constructive. « Je ne lis pas tout le monde et ne crois pas dans la critique qui démolit pour démolir. Par contre, l’arrivée de Gault & Millau ici me prouve, au-delà même du palmarès qui l’accompagne, que nous avons, avec d’autres, suffisamment bien travaillé à Montréal et au Québec dans son ensemble pour qu’un guide sérieux avec une vitrine mondiale s’intéresse à nous. Et ça, c’est merveilleux. Notre gastronomie n’a pas encore, selon moi, défini son identité, mais nous avançons. Je participe à ce mouvement et crois que nous arriverons un jour à égaler les plus grands. Il  y a encore tant de potentiel à exploiter ! »