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Isabel Bordeleau : sommelière de l'année 2016

Sommelière au réputé restaurant Maison Boulud de Montréal, Isabel conseille les clients avec brio !

Partie de Trois-Rivières pour apprendre l’anglais, voir le monde et  «s’ouvrir à ce qui se passe ailleurs », Isabel Bordeleau revient d’Australie avec une passion naissante. C’est là-bas, en travaillant dans le milieu pour subvenir à ses besoins, qu’elle découvre le monde du vin, réalise que sommelier est un métier et que l’on peut en vivre. De retour au pays, elle suit des cours en sommellerie et commence une carrière qui l’amènera aussi loin que celles qui lui ont ouvert la voie. « Ces femmes-là [Élyse Lambert, Véronique Rivest], pour moi, ce sont des modèles qui ont fait un bon bout de chemin pour la sommellerie féminine, avant que moi j’arrive sur le terrain », confie-t-elle.


Un gros défi, l’équilibre de la carte
Dans un établissement comme le Ritz-Carlton, il faut en effet s’assurer de pouvoir répondre aux envies et aux désirs d’une clientèle diversifiée. « Je ne peux pas avoir une carte niche avec un seul style de produits, je ne peux pas me limiter à avoir des choses que personne ne connaît non plus sur la carte. »
Ce qui suppose de prendre en compte également tous les types de bourses, des budgets
serre-dents aux buveurs d’étiquettes, mais aussi de penser à ceux qui viennent prendre
un brunch, ceux qui aiment les bulles, ceux qui veulent du léger, du capiteux…

Une passion et un travail exigeants
Sommelier, c’est bien évidemment assurer la gestion de la boisson – le vin, les eaux, les
spiritueux –, ce qui comprend faire le suivi de la carte des cocktails en fonction des saisons, gérer l’équipe de sommellerie – faire les horaires, assurer les formations –, bâtir
des fiches techniques pour les vins au verre et s’assurer qu’il y a toute l’information nécessaire pour parler des nouveautés sur la carte, rencontrer les représentants pour les achats, maîtriser les coûts et, bien entendu, assurer chaque jour le travail de plancher.

Si on pouvait lire dans ses pensées
Quand on lui demande si elle a un vin préféré, elle répond avec gêne: « J’ai un petit faible
pour le nebbiolo, tout ce qui est vin du Piémont : barolo, barbaresco, langhe nebbiolo », en
s’empressant d’ajouter qu’elle préfère parler de style, parce que les goûts changent continuellement et qu’il y aura toujours un vin pour nous surprendre, nous épater ou nous émouvoir. Et de préciser: « Je préfère les vins frais, élégants, mais là encore il y a des surprises partout et j’aime découvrir de nouvelles choses ».

À la description de ses tâches quotidiennes on est un peu essoufflé, alors pour faire une pause, on lui demande quelles sont les qualités qui lui semblent nécessaires pour incarner cette passion. Avec enthousiasme, elle répond: « Être humble, car ce n’est pas nous qui faisons le vin, les lettres de noblesse doivent aller aux producteurs ». « Être passionné. Sans passion je ne pense pas qu’on puisse faire ce métier-là. » « Être vrai. Les clients le sentent, les clients le voient. » 


Isabel Bordeleau, sommelière en chef au restaurant Maison Boulud